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Nom commercial : RETARPEN 2,4 AMP+SER+SOLV B/1 (CIP 2022655). Principe actif : Benzylpénicilline benzathine.

Benzylpénicilline benzathine

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antibiotique - pénicilline retard (injectable).

Indications

Chez l'adulte, l'adolescent, l'enfant et le nouveau-né, infections dues à des bactéries sensibles à la pénicilline. Traitement : érysipèle ; syphilis précoce (primaire et secondaire) ; syphilis tardive (à l'exception de la neurosyphilis et des anomalies du LCR) ; pian ; pinta. Prophylaxie : rhumatisme articulaire aigu (chorée, cardiopathie rhumatismale), glomérulonéphrite post-streptococcique, érysipèle.

Posologie

Injection intramusculaire profonde exclusivement. Syphilis primaire et secondaire : adulte et adolescent, 2,4 MUI en dose unique ; enfant, 50 000 UI/kg sans dépasser 2,4 MUI (à répéter si les signes réapparaissent ou si la sérologie reste fortement positive). Syphilis tardive (latente séropositive) : 2,4 MUI une fois par semaine pendant 3 semaines (enfant : 50 000 UI/kg sans dépasser 2,4 MUI). Syphilis congénitale sans atteinte neurologique : nouveau-né et nourrisson, 50 000 UI/kg en dose unique. Pian et pinta : 1,2 MUI en dose unique (enfant < 30 kg : 600 000 UI). Traitement général : 1,2 MUI (enfant < 30 kg : 600 000 UI). Prophylaxie du rhumatisme articulaire aigu, de la glomérulonéphrite post-streptococcique et de l'érysipèle : 1,2 MUI toutes les 3 à 4 semaines (enfant < 30 kg : 600 000 UI), pendant au moins 5 ans ou jusqu'à 21 ans sans atteinte cardiaque, au moins 10 ans ou jusqu'à 21 ans en cas d'atteinte cardiaque transitoire, au moins 10 ans ou jusqu'à 40 ans en cas d'atteinte cardiaque persistante (parfois à vie). Insuffisance rénale : clairance 60-100 mL/min, 100 % de la dose ; 10-50 mL/min, 75 % ; < 10 mL/min, 20 à 50 % (1 à 3 MUI/jour maximum). Hémodialyse : décision au cas par cas. Administration : quadrant supéro-externe du grand fessier ou zone ventro-glutéale, aiguille verticale, aspiration préalable obligatoire, injection lente à faible pression, sans frotter ; chez l'enfant, face antérolatérale de la cuisse. Si le solvant est de la lidocaïne, utiliser la lidocaïne à 0,5 % et ne jamais injecter par voie intraveineuse.

Contre-indications

Hypersensibilité à la benzathine benzylpénicilline, aux autres pénicillines, aux phospholipides de soja, à l'arachide ou à l'un des excipients. Antécédent d'hypersensibilité immédiate sévère (anaphylaxie) aux autres bêtalactamines (céphalosporines, carbapénèmes, monobactames). Si reconstitution avec de la lidocaïne : hypersensibilité à la lidocaïne ou aux anesthésiques locaux de type amide, porphyries, bloc auriculoventriculaire non appareillé, choc cardiogénique, enfant de moins de 12 mois.

Mises en garde et précautions

Rechercher les antécédents d'allergie aux pénicillines, céphalosporines et autres bêtalactamines ; risque accru chez l'atopique et l'asthmatique ; surveiller le patient au moins 30 minutes après l'injection (réactions graves possibles dès la première dose). Voie strictement intramusculaire : l'injection intravasculaire accidentelle expose au syndrome de Hoigné (choc avec angoisse de mort, confusion, hallucinations, régressant en une heure) ; syndrome de Nicolau également rapporté ; ne pas injecter dans un tissu mal perfusé. Syphilis : réaction de Jarisch-Herxheimer 2 à 12 heures après l'injection (fièvre, frissons, céphalées, myalgies, hypotension), transitoire — prévenir le patient. Non adaptée aux infections nécessitant des concentrations sériques élevées (pneumonie sévère, empyème, septicémie, méningite, péritonite) ; utiliser une autre pénicilline si une atteinte neurologique ne peut être exclue dans la syphilis congénitale. Traitement de plus de 5 jours : surveiller la formule sanguine et la fonction rénale. Diarrhée sévère : évoquer une colite pseudomembraneuse. Prudence en cas d'insuffisance rénale ou hépatique. Contient des phospholipides de soja.

Interactions

Déconseillé : antibiotiques bactériostatiques (principe de ne pas associer bactéricides et bactériostatiques) ; méthotrexate (excrétion réduite, toxicité augmentée). Prudence : probénécide (concentrations sériques augmentées, demi-vie prolongée, pénétration cérébrale encore réduite) ; anticoagulants oraux (effet des antivitamines K et risque hémorragique augmentés — contrôler l'INR pendant et après le traitement).

Grossesse et allaitement

Grossesse : traverse le placenta ; utilisable si l'indication est justifiée, après évaluation soigneuse des bénéfices et des risques. Allaitement : excrétion en faibles quantités (2 à 15 % des concentrations sériques maternelles) ; aucun effet rapporté chez le nourrisson, mais risque de sensibilisation ou de perturbation de la flore intestinale ; interrompre l'allaitement en cas de diarrhée, de candidose ou d'éruption chez l'enfant.

Effets indésirables

Fréquents : candidoses, diarrhée, nausées ; test de Coombs direct positif et faux positifs de plusieurs examens urinaires (protéines, acides aminés, glucose par méthodes non enzymatiques, urobilinogène). Peu fréquents : stomatite, glossite, vomissements. Rares : réactions allergiques (urticaire, angio-œdème, érythème polymorphe, dermatite exfoliative, fièvre, arthralgies, choc anaphylactique, réactions anaphylactoïdes), néphropathie, néphrite interstitielle. Très rares : anémie hémolytique, leucopénie, thrombopénie, agranulocytose. Fréquence indéterminée : maladie sérique, réaction de Jarisch-Herxheimer (syphilis), colite pseudomembraneuse, hépatite, cholestase, encéphalopathie (surtout en cas de surdosage ou d'insuffisance rénale), douleur et infiltrat au point d'injection, syndrome de Hoigné, syndrome de Nicolau ; réactions locales chez le nourrisson.

Mécanisme d'action

Pénicilline sensible aux bêtalactamases, forme retard pour injection intramusculaire (code ATC J01CE08) : inhibe la synthèse de la paroi bactérienne pendant la phase de croissance par fixation aux protéines de liaison à la pénicilline (inhibition des transpeptidases), d'où une action bactéricide.

Pharmacocinétique

Forme retard à libération lente après injection IM : 21 jours après 1,2 MUI, 89 à 97 % des sujets ont encore une pénicillinémie de 0,06 µg/mL. Bonne diffusion humorale, faible diffusion tissulaire. Biotransformation faible. Élimination essentiellement urinaire ; éliminable par hémodialyse.

Conservation

Pas de précautions particulières de conservation avant reconstitution ; après reconstitution, utiliser immédiatement.

Source

RCP ANSM/BDPM, EXTENCILLINE 2,4 MUI, poudre et solvant pour suspension injectable IM (CIS 64699367), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux au Congo