Acide niflumique
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS).
Indications
Réservé à l'adulte et à l'enfant à partir de 12 ans. Traitement symptomatique au long cours des rhumatismes inflammatoires chroniques, notamment polyarthrite rhumatoïde, et de certaines arthroses douloureuses et invalidantes. Traitement symptomatique de courte durée des poussées aiguës d'arthrose et des rhumatismes abarticulaires (tendinites, bursites). Traitement symptomatique de la douleur au cours des manifestations inflammatoires en ORL et en stomatologie (thérapeutique d'appoint ; les risques, notamment l'extension d'un processus septique, sont ceux des AINS).
Posologie
Dose la plus faible possible pendant la durée la plus courte nécessaire. Enfant à partir de 12 ans : 2 à 3 gélules par 24 heures (500 à 750 mg). Adulte : 3 à 4 gélules par 24 heures réparties dans la journée (750 à 1000 mg), jusqu'à 1500 mg par 24 heures dans les manifestations inflammatoires sévères. Voie orale : avaler les gélules telles quelles avec un grand verre d'eau, au cours d'un repas.
Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à un excipient. Antécédents d'allergie ou d'asthme déclenchés par l'acide niflumique ou des substances proches (autres AINS, acide acétylsalicylique). Antécédents d'hémorragie ou de perforation digestive sous AINS. Ulcère peptique évolutif, antécédents d'ulcère ou d'hémorragie récurrente. Insuffisance hépatocellulaire sévère. Insuffisance rénale sévère. Insuffisance cardiaque sévère. Association au mifamurtide. Enfant de moins de 12 ans. Grossesse à partir du début du 6e mois (24 semaines d'aménorrhée).
Mises en garde et précautions
Risque de mort fœtale même après une seule prise à partir de 24 semaines d'aménorrhée (constriction du canal artériel, oligoamnios, atteinte rénale). Éviter l'association à d'autres AINS, y compris les coxibs. Asthme avec rhinite, sinusite ou polypose nasale : risque de crise d'asthme. Sujet âgé : risque accru d'hémorragies et de perforations digestives ; surveiller fonctions rénale, hépatique et cardiaque. Envisager une protection gastrique ; arrêt en cas d'hémorragie ou d'ulcération. Risque thrombotique artériel ; surveiller la tension en cas d'hypertension ou d'insuffisance cardiaque ; prudence autour d'un pontage coronarien. Arrêt dès un rash ou une lésion muqueuse. Éviter en cas de varicelle. Insuffisance rénale fonctionnelle, anomalies hépatiques, rétention hydrosodée, hyperkaliémie (surveillance). Peut masquer une infection. Altération possible de la fertilité féminine. Contient de l'azorubine (E122), colorant azoïque allergisant. Vertiges et somnolence possibles (conduite).
Interactions
Contre-indiqué : mifamurtide. Déconseillés : autres AINS, acide acétylsalicylique à doses anti-inflammatoires, nicorandil (risque ulcérogène et hémorragique) ; anticoagulants oraux et héparines à doses curatives (risque hémorragique) ; lithium (hausse de la lithémie) ; méthotrexate à plus de 20 mg par semaine ; pemetrexed si fonction rénale faible à modérée. Précautions : ARA II, IEC, diurétiques (insuffisance rénale aiguë chez le patient à risque) ; ciclosporine, tacrolimus, ténofovir disoproxil (néphrotoxicité) ; cobimétinib ; méthotrexate à faibles doses ; pemetrexed si fonction rénale normale. À prendre en compte : aspirine à dose antiagrégante, antiagrégants, bêtabloquants, déférasirox, glucocorticoïdes, héparines préventives, ISRS. Médicaments hyperkaliémiants : risque majoré d'hyperkaliémie.
Grossesse et allaitement
Grossesse : contre-indiqué à partir du début du 6e mois (24 semaines d'aménorrhée) ; une prise même unique à ce stade justifie un contrôle échographique cardiaque et rénal du fœtus ou du nouveau-né. Avant 24 semaines, seulement en cas de nécessité absolue, à la dose la plus faible et la durée la plus courte (risque de fausse couche et de malformations au 1er trimestre ; atteinte rénale fœtale et constriction du canal artériel ensuite). Allaitement : déconseillé (passage dans le lait). Fertilité : altération temporaire possible de l'ovulation.
Effets indésirables
Rares : thrombopénie, sensations vertigineuses, tachycardie, douleur thoracique, arythmie, palpitations, malaise avec hypotension, anomalies des tests hépatiques, photosensibilisation. Très rares : réactions bulleuses (syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell). Réactions d'hypersensibilité : rash, urticaire, prurit, purpura, érythème, crise d'asthme, choc anaphylactique, angiœdème. Gastro-intestinaux : ulcères, perforations ou hémorragies parfois fatals, nausées, vomissements, diarrhée, constipation, dyspepsie, stomatite ulcérative, douleurs abdominales, méléna, hématémèse, poussée de rectocolite ou de maladie de Crohn. Insuffisance cardiaque, hypertension, œdème, risque accru d'événements thrombotiques artériels. Exceptionnellement, complications infectieuses graves au cours de la varicelle. Fluorose osseuse après traitements prolongés. Néphrites interstitielles, insuffisance rénale aiguë, syndromes néphrotiques rares.
Mécanisme d'action
Anti-inflammatoire non stéroïdien de la famille des fénamates (code ATC M01AX02), aux propriétés antalgique, antipyrétique, anti-inflammatoire et d'inhibition de courte durée des fonctions plaquettaires, liées à l'inhibition de la synthèse des prostaglandines.
Pharmacocinétique
Absorption rapide, pic plasmatique en 2 heures environ, biodisponibilité légèrement réduite avec le repas ; liaison aux protéines supérieure à 90 % ; faible passage dans le lait ; transformation en deux métabolites inactifs (acides 5- et 4-hydroxyniflumiques) ; demi-vie de 4 à 6 heures ; élimination urinaire prédominante et fécale (environ 30 %), sans accumulation ; paramètres non modifiés par l'insuffisance rénale.
Conservation
À conserver à une température ne dépassant pas 30 °C.
Source
RCP ANSM/BDPM, NIFLURIL 250 mg, gélule (mis à jour le 16/09/2024), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1, 5.2 et 6.4.