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Asthme

Maladie chronique des bronches : elles s'enflamment et se resserrent, ce qui rend la respiration difficile, avec toux, sifflements, oppression dans la poitrine et essoufflement, souvent la nuit ou à l'effort. L'asthme touche des personnes de tous âges et reste souvent non diagnostiqué et insuffisamment traité. Il se contrôle bien avec un traitement de fond par un corticoïde inhalé et un médicament de secours inhalé, en évitant les facteurs qui déclenchent les crises. Une crise sévère (difficulté à parler, somnolence, confusion) est une urgence.

Autres noms : Asthme bronchique. En anglais : Asthma. CIM-10 : J45. Système : Maladies de l'appareil respiratoire.

Définition

L'asthme est une affection pulmonaire chronique qui touche des personnes de tous âges ; elle est causée par l'inflammation et la contracture des muscles autour des voies respiratoires, ce qui rend la respiration plus difficile [1].

C'est l'une des maladies chroniques non transmissibles les plus fréquentes dans le monde ; elle se caractérise par une obstruction variable du débit d'air dans les bronches, qui provoque essoufflement et sifflements [2]. Les symptômes s'améliorent ou s'aggravent selon les moments [3].

Causes et mécanisme

L'asthme résulte de l'association de prédispositions familiales et de facteurs de l'environnement. Les facteurs de risque cités par l'OMS sont [1] :

  • des antécédents familiaux d'asthme (parent, frère ou sœur) [1] ;
  • d'autres manifestations allergiques, comme l'eczéma et la rhinite (rhume des foins) [1] ;
  • l'urbanisation [1] ;
  • des événements du début de la vie : faible poids de naissance, prématurité, exposition à la fumée du tabac et à la pollution de l'air, infections virales des voies respiratoires [1] ;
  • l'exposition à des allergènes et à des irritants (pollution de l'air intérieur et extérieur, acariens, moisissures, produits chimiques, fumées, poussières au travail) [1] ;
  • le surpoids ou l'obésité, chez l'enfant comme chez l'adulte [1].

Dans une étude en Afrique de l'Est regroupant des enfants, un antécédent familial d'asthme, l'exposition à des allergènes et l'exposition à la fumée de tabac étaient associés à un risque plus élevé [6].

Transmission et facteurs de risque

L'asthme n'est pas contagieux : on ne l'attrape pas au contact d'une personne asthmatique. Il dépend de la prédisposition de la personne (antécédents familiaux, allergies) et de son environnement [1]. Les infections virales des voies respiratoires et les allergènes peuvent en revanche déclencher des crises chez une personne asthmatique [3].

Épidémiologie

Monde. On estimait en 2023 que 363 millions de personnes souffraient d'asthme et que la maladie avait causé 442 000 décès [1]. Une revue de 2026 rapporte, pour 2019, environ 461 000 décès et 21,6 millions d'années de vie ajustées sur l'incapacité, dont environ 90 % du fardeau dans les pays à revenu faible ou intermédiaire [7].

Accès aux soins. En 2023, des bronchodilatateurs pouvant sauver des vies n'étaient disponibles dans les établissements publics de soins primaires que dans moins des deux tiers des pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure, et les inhalateurs de corticoïdes dans moins de la moitié [1].

Afrique. L'asthme est la principale maladie chronique de l'enfant et de l'adolescent en Afrique ; il y est sous-diagnostiqué et mal pris en charge, et associé à une mortalité plus élevée que dans les pays à revenu élevé [5]. Dans l'enquête ISAAC phase III (adolescents de 13-14 ans, 22 centres de 16 pays africains), la fréquence des sifflements allait de 4,0 à 21,5 % selon les centres [4].

République du Congo. À Brazzaville, 19,9 % des adolescents de 13-14 ans avaient des symptômes d'asthme (sifflements) dans l'enquête ISAAC phase III, un niveau proche de celui de l'Europe de l'Ouest ; la rhinite allergique et l'eczéma y étaient aussi fréquents (enquête publiée en 2007) [4].

Dans une étude de 2026 menée dans quatre pays africains (enfants de 6-7 ans et adolescents de 13-14 ans), les sifflements des 12 derniers mois concernaient 7,2 % des enfants et 4,3 % des adolescents ; moins de 5 % des personnes déclarant un asthme utilisaient un corticoïde inhalé [8].

Signes cliniques

Les symptômes typiques sont [1] :

  • une toux persistante, surtout la nuit [1] ;
  • une respiration sifflante, surtout à l'expiration et parfois à l'inspiration [1] ;
  • un essoufflement ou des difficultés à respirer, parfois même au repos [1] ;
  • une oppression dans la poitrine, qui rend difficile la respiration profonde [1].

Ces symptômes varient dans le temps et en intensité, et sont déclenchés ou aggravés par un rhume, un changement de temps, la poussière, les fumées, les pollens, les poils et plumes d'animaux, les parfums ou savons à forte odeur, la nuit ou l'exercice [1]. Le stress, la fumée de tabac, certains médicaments (bêtabloquants, aspirine et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent aussi les provoquer [3].

Signes de gravité

L'asthme est souvent sous-diagnostiqué et insuffisamment traité, ce qui expose à des crises graves et à des décès [1,2]. Dans l'étude de 2026 menée dans quatre pays africains, plus de la moitié des enfants (54,7 %) et des adolescents (61,4 %) déclarant un asthme avaient des symptômes sévères [8].

Dans une exacerbation sévère, la personne peut être somnolente, confuse, ou avoir un « thorax silencieux » (plus aucun sifflement audible faute de passage d'air) : un transfert immédiat en soins aigus est alors nécessaire [3].

Difficulté à parler en phrases, somnolence, confusion ou absence de bruit respiratoire à l'auscultation : urgence vitale, transfert immédiat à l'hôpital [3].

Diagnostic

Diagnostic clinique

Le diagnostic repose sur deux éléments : des antécédents de symptômes respiratoires typiques et variables (sifflements, essoufflement, oppression thoracique, toux), et la preuve d'une limitation variable du débit d'air expiré [3]. L'OMS souligne que les personnes présentant des symptômes doivent consulter un professionnel de santé [1].

Un asthme est plus probable lorsque les symptômes sont pires la nuit ou au réveil, déclenchés par l'exercice, les allergènes ou l'air froid, ou apparaissent avec les infections virales, et lorsqu'il existe des antécédents d'allergie ou d'asthme dans la famille [3,1].

Examens biologiques

Spirométrie avec test au bronchodilatateur : l'amélioration du volume expiré en une seconde (VEMS) ou de la capacité vitale forcée d'au moins 12 % et de 200 mL chez l'adulte, ou du VEMS d'au moins 12 % de la valeur théorique chez l'enfant, confirme la variabilité du débit d'air ; le débit expiratoire de pointe (DEP) peut aussi être utilisé (augmentation d'au moins 20 % chez l'adulte, 15 % chez l'enfant) [3].

Dans une étude africaine de 2026, la spirométrie et la mesure de la fraction de monoxyde d'azote expiré (FeNO) ont confirmé l'asthme chez seulement 41,6 % des enfants et 61,0 % des adolescents qui déclaraient un asthme : les questionnaires seuls ne suffisent pas à poser le diagnostic [8]. Le manque d'accès aux examens diagnostiques fait partie des obstacles à la prise en charge en Afrique [5].

Diagnostic différentiel

Selon le contexte, d'autres maladies peuvent donner essoufflement ou sifflements [3] :

Maladie à évoquerÉléments à connaître
Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)Peut coexister avec l'asthme (chevauchement asthme-BPCO) [3].
Insuffisance cardiaque ou cardiopathie ischémiqueÀ évoquer surtout chez la personne âgée [3].
Tuberculose, maladies pulmonaires liées au VIH, maladies pulmonaires parasitaires ou fongiquesÀ évoquer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire [3].
Embolie pulmonaireAutre cause d'essoufflement à ne pas méconnaître [3].
Corps étranger inhalé, dysfonction des voies aériennes supérieuresCauses de sifflements ou d'essoufflement distinctes de l'asthme [3].

Évolution, complications et pronostic

Des traitements très efficaces existent : la morbidité et la mortalité de l'asthme ont beaucoup diminué en 15 ans dans les pays où ils sont utilisés, et la plupart des patients peuvent obtenir un bon contrôle de la maladie [2]. Le sous-traitement reste toutefois fréquent [2].

La prise en charge est un cycle : évaluer le contrôle de l'asthme et les facteurs de risque, puis adapter les médicaments en conséquence [2]. Pour les asthmes sévères, des traitements biologiques existent, et l'objectif peut aller jusqu'à la rémission de la maladie [2].

Dans les pays à ressources limitées, l'insuffisance de diagnostic, le faible accès aux corticoïdes inhalés, le manque d'éducation des patients et la mauvaise qualité de l'air figurent parmi les obstacles au contrôle de la maladie [5].

Traitement

Le traitement vise à contrôler les symptômes et à prévenir les crises. L'OMS rappelle deux grandes classes de médicaments inhalés [1] :

  • les bronchodilatateurs comme le salbutamol, qui ouvrent les voies aériennes et soulagent rapidement les symptômes [1] ;
  • les corticoïdes inhalés comme la béclométasone, qui réduisent l'inflammation des bronches, améliorent les symptômes et diminuent le risque de crises graves et de décès [1]. Il existe aussi des inhalateurs combinant un bronchodilatateur et un corticoïde, comme l'association budésonide-formotérol [1,3].

Les recommandations internationales (GINA 2025) ne conseillent plus le bronchodilatateur de courte durée d'action seul, car il expose à un risque accru de crises sévères et de décès sans traiter l'inflammation ; un corticoïde inhalé doit être débuté dès le diagnostic, l'association corticoïde inhalé-formotérol étant le traitement préféré [3].

Crise (exacerbation). La conduite initiale associe un bronchodilatateur de courte durée d'action inhalé, du bromure d'ipratropium inhalé, de l'oxygène et un corticoïde oral par voie systémique (par exemple la prednisone ou la prednisolone) ; le sulfate de magnésium intraveineux peut être envisagé à l'hôpital si la réponse est insuffisante [3]. L'oxygène et le sulfate de magnésium ne figurent pas dans la base Africa Medical Data [3].

Plan d'action écrit pour tous les patients (reconnaître l'aggravation, adapter son traitement, savoir quand demander des soins urgents) et vérification de la technique d'inhalation à chaque consultation [3].

Les posologies ne figurent pas dans cette fiche. Elles sont données dans la fiche de chaque médicament ; la prise en charge suit les recommandations de l'OMS et le protocole national [1,3].

Médicaments de la base cités dans cette fiche

Prévention

On ne sait pas empêcher l'asthme d'apparaître, mais on peut réduire les crises en évitant ce qui les déclenche [1] :

  • réduire l'exposition à la fumée de tabac, et aider les fumeurs à arrêter (tabac et vapotage) [1,3] ;
  • réduire la pollution de l'air, facteur de risque important [1] ;
  • éviter les allergènes connus (acariens, animaux, pollens, blattes) et, au travail, les produits qui sensibilisent [3] ;
  • éviter les médicaments qui déclenchent des crises chez la personne concernée, comme l'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou les bêtabloquants [3].

Un plan d'action écrit, une bonne technique d'inhalation et un traitement de fond régulier réduisent le risque de crise [3]. L'éducation des patients et l'accès aux médicaments essentiels sont des priorités en Afrique [5,7].

Quand consulter en urgence

Consultez si vous toussez longtemps (surtout la nuit), si vous avez des sifflements, de l'essoufflement ou une oppression dans la poitrine qui reviennent, notamment à l'effort ou après un contact avec de la poussière, des fumées ou des allergènes [1]. Si vous êtes asthmatique, consultez si les symptômes se rapprochent ou si votre médicament de secours ne suffit plus [3].

Urgence : essoufflement important avec difficulté à parler, somnolence, confusion ou poitrine « silencieuse », ou crise qui ne cède pas au médicament de secours — rendez-vous immédiatement à l'hôpital ou appelez les secours [3].

Maladies associées

Sources et mise à jour

  1. OMS · Organisation mondiale de la Santé. Asthme (aide-mémoire). 2026. Version du 28 avril 2026.
  2. Revue à comité de lecture · Porsbjerg C, Melén E, Lehtimäki L, Shaw D. Asthma. Lancet. 2023;401(10379):858-873. 2023. Résumé (Seminar).
  3. Référence professionnelle · Global Initiative for Asthma (GINA). Summary Guide for Asthma Management and Prevention. 2025. Guide de synthèse GINA 2025 : diagnostic, traitement, exacerbations, diagnostic différentiel, prévention.
  4. Revue à comité de lecture · Ait-Khaled N, Odhiambo J, Pearce N, et al. Prevalence of symptoms of asthma, rhinitis and eczema in 13- to 14-year-old children in Africa: the International Study of Asthma and Allergies in Childhood Phase III. Allergy. 2007;62(3):247-258. 2007. Résumé ; inclut le centre de Brazzaville.
  5. Revue à comité de lecture · Hlophe ST, Mortimer K, Masekela R. Asthma in African children and adolescents: Burden, barriers, and management strategies. Afr J Thorac Crit Care Med. 2026;32(1):e3861. 2026. Résumé (revue narrative).
  6. Revue à comité de lecture · Chanie ES, Jaffe A, Khan JR, Homaira N. Prevalence and risk factors for asthma in East Africa: a systematic review and meta-analysis. BMC Pediatr. 2026;26(1). 2026. Résumé.
  7. Revue à comité de lecture · Li SG, Zhang L, Zhang J, et al. The forgotten billion: bridging the global allergy care chasm through scalable, equity-driven strategies. Front Allergy. 2026;7:1823900. 2026. Résumé (revue narrative) : données 2019 sur l'asthme et accès aux médicaments inhalés.
  8. Revue à comité de lecture · Ozoh OB, Kwarteng Owusu S, Nantanda R, et al. Prevalence of asthma among African children and adolescents: findings from the Chronic Respiratory Disease Observatory for Africa (CHEST-Africa). Thorax. 2026. 2026. Résumé.

Fiche mise à jour le 6 octobre 2026. Prochaine révision au plus tard le 6 octobre 2028.