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Drépanocytose

Maladie héréditaire du sang due à une hémoglobine anormale, l'hémoglobine S, qui déforme les globules rouges en faucille. Elle provoque des crises douloureuses, une anémie chronique, des infections graves, des atteintes des poumons, du cerveau et de nombreux organes. Au Congo, 1,35 % des nouveau-nés sont atteints et environ 19 % portent le trait drépanocytaire. Le dépistage précoce, la prévention des infections et l'hydroxyurée sauvent des vies.

Autres noms : Anémie falciforme, Maladie drépanocytaire, Syndrome drépanocytaire majeur. En anglais : Sickle cell disease. CIM-10 : D57. Système : Maladies du sang et du système immunitaire.

Définition

La drépanocytose est une maladie génétique des globules rouges qui touche des millions de personnes dans le monde [1]. Le terme désigne un groupe de maladies héréditaires, présentes toute la vie, dues à une seule mutation du gène de la bêta-globine, qui produit une hémoglobine anormale, l'hémoglobine S (HbS) [5].

La forme la plus fréquente et la plus grave est l'anémie falciforme (HbSS) ; viennent ensuite la forme HbSC et les formes associant l'HbS à une bêta-thalassémie [5].

Causes et mécanisme

Lorsque l'oxygène manque, l'HbS forme à l'intérieur du globule rouge des fibres rigides qui le déforment en faucille [5]. Ce phénomène est réversible, mais sa répétition abîme la membrane du globule rouge et provoque sa destruction (hémolyse) : sa durée de vie passe de 90-120 jours à 10-20 jours [5]. La déformation est plus rapide quand la concentration d'HbS est élevée et elle est limitée par l'hémoglobine fœtale (HbF) [5].

La maladie associe la polymérisation de l'HbS, l'obstruction des petits vaisseaux (vaso-occlusion), la destruction des globules rouges et l'inflammation, à l'origine de complications aiguës graves et de lésions progressives des organes [1].

La gravité varie beaucoup d'un malade à l'autre : un taux élevé d'hémoglobine fœtale est associé à moins de crises douloureuses et de syndromes thoraciques aigus ; l'alpha-thalassémie associée modifie aussi l'expression de la maladie [3]. En Afrique centrale, la plus grande gravité observée pourrait être liée en partie à l'haplotype Bantou [3]. La pauvreté et le faible niveau d'instruction des parents sont associés à une mortalité plus élevée [3].

Transmission et facteurs de risque

La drépanocytose se transmet des parents aux enfants selon un mode autosomique récessif : un enfant malade (garçon ou fille) a reçu un gène anormal de chacun de ses parents [5].

Trait drépanocytaire (AS) : la personne qui porte un seul gène S (HbAS) est porteuse saine ; le trait n'est pas classé comme une maladie [5]. Les porteurs n'ont habituellement aucun symptôme et ont une espérance de vie normale [5]. Le trait protège contre le paludisme grave : les personnes HbAS ont un risque de paludisme grave inférieur de 86 % [5].

Maladie (SS, SC…) : lorsqu'un enfant atteint est identifié dans une famille, ses frères et sœurs peuvent être testés, car environ 25 % d'entre eux sont atteints [4].

Idées fausses répandues : que la drépanocytose serait transmise par le sang et contagieuse, que les hommes ne porteraient pas le gène, que le trait drépanocytaire pourrait se transformer en maladie, ou que les drépanocytaires n'auraient pas le paludisme. Ces idées fausses nuisent au recours aux soins [5].

Épidémiologie

Monde. En 2021, environ 515 000 bébés sont nés avec la drépanocytose, et le nombre de personnes vivant avec la maladie est passé de 5,46 millions en 2000 à 7,74 millions en 2021 [2]. La mortalité totale liée à la drépanocytose était estimée à 376 000 décès en 2021, dont 81 100 chez les enfants de moins de 5 ans, ce qui la classe au 12e rang des causes de décès à cet âge [2].

Afrique. Environ 405 000 bébés seraient nés avec une anémie falciforme en Afrique subsaharienne en 2021, et 5,68 millions de personnes y vivaient avec la maladie (estimations très incertaines) [3]. En Afrique centrale, la RDC fait partie des pays où 1 à 2 % des naissances sont touchées [3]. La forme HbSC est fréquente dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest mais presque absente ailleurs [3]. Aucun pays africain n'a encore mis en place un dépistage néonatal national complet [3].

République du Congo. Lors d'un dépistage néonatal mené dans tout le pays d'octobre 2019 à mars 2020 (2 897 nouveau-nés), la prévalence des syndromes drépanocytaires majeurs était de 1,35 % et celle du trait drépanocytaire de 19,43 % ; selon les départements, elle allait de 1,77 à 2,56 % pour les formes majeures et de 20,5 à 25,8 % pour le trait [8]. Chez 782 femmes enceintes dépistées dans les 12 départements (étude publiée en 2022), 27,88 % portaient le trait AS et 1,79 % étaient SS [9].

Le Congo compterait environ 75 000 personnes drépanocytaires (environ 1,5 % de la population) et ne dispose pas encore d'un programme national de dépistage néonatal (données publiées en 2025) [10].

Signes cliniques

Les manifestations apparaissent tôt : chez le nourrisson, une dactylite (syndrome main-pied) et une séquestration splénique peuvent survenir dès l'âge de 3 mois ; la dactylite touche jusqu'à 45 % des enfants avant 2 ans et devient rare après 5 ans [5].

Chez l'enfant [5] :

  • crises douloureuses aiguës (crises vaso-occlusives) et douleurs chroniques [5] ;
  • jaunisse (ictère) et anémie chronique [5] ;
  • syndrome thoracique aigu, AVC et infections graves [5] ;
  • mauvais état nutritionnel, difficultés scolaires et retard de la puberté [5].

Chez l'adolescent : énurésie, priapisme, ulcères chroniques des jambes, crises douloureuses osseuses plus fréquentes, nécrose de la hanche et retard de croissance [5].

Facteurs déclenchants des crises : déshydratation, froid, effort physique, stress, blessure (par exemple après une chirurgie), infections, grossesse, tabac et certains médicaments [5].

À Brazzaville, sur 587 crises observées chez des enfants SS de 6 à 17 ans au CHU (1995-2002), il s'agissait de crises douloureuses ostéo-articulaires (58,6 %), de crises abdominales (23,5 %), de syndromes thoraciques aigus (14 %), d'accidents neurologiques (3,2 %) et de priapismes (0,7 %) ; lorsqu'un facteur déclenchant était identifié, il s'agissait surtout du paludisme (48,9 %) et d'infections bactériennes ou virales (24,5 %) [11].

Signes de gravité

Les complications aiguës les plus fréquentes et potentiellement mortelles sont les crises vaso-occlusives, le syndrome thoracique aigu, l'AVC et les infections [1] :

  • Syndrome thoracique aigu : nouvelle opacité pulmonaire à l'imagerie associée à de la fièvre et/ou à des signes respiratoires ; il peut évoluer vers une insuffisance respiratoire et est associé à des événements neurologiques [7]. En Afrique centrale (Cameroun, RDC), le risque de syndrome thoracique aigu était 4 fois plus élevé qu'ailleurs dans l'étude CADRE [3].
  • AVC de l'enfant : en l'absence de prévention, environ 10 % des enfants HbSS font un AVC ; sans transfusions mensuelles, la moitié des enfants récidivent dans les 2 ans [5]. Dans l'essai REACH en Afrique, l'incidence était de 1,8 AVC pour 100 enfants-années avant l'hydroxyurée [3].
  • Séquestration splénique : elle peut survenir dès l'âge de 3 mois [5].
  • Infections : les infections bactériennes causent de nombreux décès chez l'enfant drépanocytaire ; dans une étude kényane sur les bactériémies, en l'absence de prophylaxie par pénicilline, 23 % des enfants drépanocytaires sont décédés [3]. Contrairement aux porteurs du trait, les enfants drépanocytaires ont un risque plus élevé de mourir du paludisme [3].
  • Anémie aiguë : souvent mortelle en Afrique en raison des difficultés d'accès à la transfusion ; à Dakar, c'était la première cause de décès chez l'adulte [3].

La fièvre, une anémie sévère et l'augmentation de volume de la rate sont des signes de complications qui peuvent mettre la vie en danger ; les parents doivent apprendre à les reconnaître pour consulter sans délai [5].

Diagnostic

Diagnostic clinique

Le diagnostic repose sur des examens qui identifient directement l'hémoglobine anormale (HbS, HbC…) [4]. En Afrique subsaharienne, faute de dépistage néonatal systématique, la plupart des enfants ne sont diagnostiqués que sur une suspicion clinique, souvent tard dans l'enfance, et beaucoup meurent avant d'avoir été diagnostiqués [3].

Éléments qui doivent faire demander un test [4,5] :

  • dactylite ou séquestration splénique chez un nourrisson, jaunisse, anémie, crises douloureuses répétées, infections graves [5] ;
  • un frère ou une sœur drépanocytaire (environ 25 % des enfants d'un même couple de parents porteurs sont atteints) [4] ;
  • chez un enfant hospitalisé, toujours demander s'il a été transfusé récemment, pour éviter de le classer à tort comme porteur du trait [4].

Examens biologiques

Électrophorèse de l'hémoglobine et techniques apparentées : l'électrophorèse alcaline et acide, la focalisation isoélectrique (IEF) et l'électrophorèse capillaire comparent la migration des hémoglobines du patient à celle d'un témoin ; elles nécessitent un équipement, de l'électricité et des réactifs. L'IEF est utilisée dans les grands programmes de dépistage en Afrique [4].

Chromatographie liquide haute performance (HPLC) : elle sépare les différentes hémoglobines mais demande un appareillage coûteux, une maintenance rigoureuse et un technicien bien formé [4]. C'est la technique utilisée pour le dépistage néonatal national au Congo, sur des gouttes de sang prélevées au talon et séchées sur papier buvard [8].

Chez le nouveau-né, l'hémoglobine fœtale prédomine et diminue au cours de la première année : la petite quantité d'HbS est alors plus difficile à détecter [4].

Après une transfusion, le sang du donneur est détecté avec celui du malade : un enfant SS transfusé avec du sang AA peut apparaître comme porteur du trait AS ; les tests qui mesurent la proportion de chaque hémoglobine aident à résoudre ce problème [4].

Tests de falciformation (test d'Emmel) et frottis sanguin : peu coûteux, ils ne distinguent pas les 20 à 30 % de porteurs du trait des 1 à 3 % de malades, et sont normaux chez le nourrisson tant que l'hémoglobine fœtale est élevée [4]. Au Congo, le test d'Emmel avait une sensibilité de 46 % et une spécificité de 99 % chez les femmes enceintes [9].

Numération sanguine : l'hémoglobine de base est basse ; dans l'étude CADRE, sa médiane chez les malades SS était de 7,0 g/dl en RDC et de 7,6 g/dl au Cameroun [3]. Le niveau d'anémie était le meilleur indicateur des atteintes d'organes [3].

Tests de diagnostic rapide

Tests rapides au point de soins : ils ont fortement élargi les possibilités de dépistage dans les structures à faibles ressources [4].

  • Sickle SCAN / Sickle SCAN-EZ : immunochromatographie qualitative détectant les hémoglobines A, S et C sur une goutte de sang au bout du doigt, résultat en 3 minutes ; très fiable sur le terrain [4].
  • HemoTypeSC : test à bandelette détectant A, S et C en 10 minutes, utilisé avec succès dans des hôpitaux de district en RDC et dans plusieurs autres pays africains [4].
  • Gazelle : mini-électrophorèse sur petit appareil (batterie ou secteur), seul test de terrain qui mesure la proportion de HbA, HbS, HbC, HbF et HbA2 [4].

Limites : Sickle SCAN et HemoTypeSC ne permettent pas de distinguer un porteur du trait, un malade SS transfusé dans les 2 à 3 derniers mois et une S-bêta-thalassémie ; une mauvaise lecture est possible par du personnel peu expérimenté [4]. Une étude congolaise chez les femmes enceintes visait à promouvoir l'usage de ces tests immunochromatographiques [9].

Imagerie

Doppler transcrânien : il repère les enfants à risque d'AVC (vitesse ≥ 200 cm/s) ; une transfusion mensuelle chez ces enfants réduit de 92 % le risque de premier AVC. Très peu de structures en Afrique subsaharienne peuvent toutefois le réaliser [5].

Imagerie du thorax : l'apparition d'une nouvelle opacité pulmonaire définit le syndrome thoracique aigu [7].

Le manque d'IRM et d'autres moyens d'imagerie fait que de nombreuses complications silencieuses (atteinte des vaisseaux cérébraux, nécrose osseuse, surcharge en fer du foie) sont sous-estimées en Afrique [3].

Diagnostic différentiel

Plusieurs situations peuvent être confondues avec une complication de la drépanocytose, ou l'accompagner [3,4] :

Maladie à évoquerÉléments à connaître
PaludismePremier facteur déclenchant identifié des crises à Brazzaville (48,9 %) [11] ; les enfants drépanocytaires en meurent plus souvent [3]. À l'inverse, à Brazzaville, des antipaludiques ont été prescrits sans justification chez de nombreux malades en crise simple [10].
Infections des os et des articulations (ostéomyélite, arthrite septique)Difficiles à distinguer d'une crise vaso-occlusive, elles sont souvent diagnostiquées tard et peuvent laisser des séquelles graves [3].
Pneumonie infectieuseDifficile à distinguer d'un syndrome thoracique aigu [3] ; l'infection est d'ailleurs un déclencheur fréquent du syndrome thoracique aigu chez l'enfant [7].
Trait drépanocytaire (AS), malade transfusé, S-bêta-thalassémieLes tests rapides qualitatifs ne les distinguent pas : il faut connaître les transfusions récentes et, en cas de doute, une technique qui mesure chaque hémoglobine [4].
Infections déclenchantes (respiratoires, diarrhée)À Brazzaville, les crises simples prises en charge en hôpital de jour étaient associées presque toujours à une infection : respiratoire (42 %), paludisme (40 %), diarrhée (6,1 %) [10].

Évolution, complications et pronostic

Sans prise en charge, la mortalité est très élevée : selon une analyse de dix études africaines, 50 à 90 % des enfants drépanocytaires mouraient avant 5 ans [3]. Plus récemment, l'étude MIDAS (cinq pays dont la RDC) estimait la mortalité avant 5 ans à 36,4 % [3]. Au Congo, une étude de 2025 rapporte une mortalité de 36 % avant 5 ans et de 43,3 % avant 10 ans [10].

Des mesures simples changent le pronostic : au Kenya, les enfants suivis en consultation spécialisée (acide folique, pénicilline V, prophylaxie du paludisme) avaient une mortalité de 2,9 décès pour 100 années-personnes, contre 10,4 chez ceux qui n'y allaient pas [3]. Dans les pays à revenu élevé, plus de 90 % des enfants drépanocytaires atteignent l'âge adulte [3].

À l'âge adulte, des complications chroniques peuvent toucher pratiquement tous les organes [1] : ulcères de jambe, nécrose osseuse, atteinte des reins, hypertension pulmonaire, troubles cognitifs [3].

Traitement

La prise en charge est globale et dure toute la vie ; elle comprend des mesures de soutien, de prévention, de traitement des symptômes et, plus rarement, curatives [5].

Crise douloureuse simple : au Centre national de référence de la drépanocytose de Brazzaville, elle est traitée par hydratation et antalgiques (anti-inflammatoires non stéroïdiens, codéine ou morphine), en hôpital de jour pendant 3 jours au maximum ; les crises compliquées (syndrome thoracique aigu, AVC, priapisme, infection sévère, défaillance d'organe) sont hospitalisées [10].

Anémie aiguë : une transfusion de globules rouges est indiquée lorsque l'hémoglobine descend sous 6 g/dl ou en cas de symptômes liés à l'anémie [10].

Syndrome thoracique aigu : contrôle de la douleur, hydratation intraveineuse, antibiotiques, spirométrie incitative et oxygène si nécessaire ; transfusion simple ou échange transfusionnel dans les formes sévères [7].

AVC : les transfusions chroniques sont recommandées pour la prévention primaire et secondaire de l'AVC ; l'échange transfusionnel réduit le taux d'HbS [5].

Hydroxyurée (hydroxycarbamide) : traitement de fond qui augmente l'hémoglobine et l'hémoglobine fœtale [6]. Dans l'essai REACH (enfants de 1 à 10 ans en RDC, Angola, Kenya et Ouganda), elle a été faisable et sûre et a réduit les crises vaso-occlusives, les infections, le paludisme, les transfusions et les décès [6]. Elle n'augmente pas le risque de paludisme ni d'infections bactériennes chez l'enfant africain [5]. La réponse optimale peut demander 6 à 12 mois de traitement [5].

Hydroxyurée à Brazzaville : au CHU (2015-2017), 107 des 1 024 enfants suivis (10,4 %) en recevaient, surtout pour des crises anémiques répétées, des accidents neurologiques et des crises douloureuses répétées ; une amélioration rapide et durable a été observée chez la plupart, avec une hausse de l'hémoglobine fœtale de 1,2 à 16,2 % [12]. En Afrique, elle reste sous-utilisée à cause de son coût, de la surveillance biologique nécessaire, des ruptures d'approvisionnement et de la crainte d'infertilité [3].

Traitements curatifs : la greffe de cellules souches hématopoïétiques est le seul traitement curatif établi [5] ; des thérapies géniques sont désormais approuvées [1]. La greffe paraît pour l'instant impossible à mettre en œuvre en Afrique subsaharienne en raison de son coût et de sa technicité [3].

Les posologies ne figurent pas dans cette fiche. Elles sont données dans la fiche de chaque médicament ; la prise en charge suit le protocole national et celui du Centre national de référence de la drépanocytose [10]. Les vaccins antipneumococciques et antiméningococciques recommandés ne figurent pas dans la base Africa Medical Data [5].

Médicaments de la base cités dans cette fiche

Prévention

Dépistage précoce : le dépistage néonatal suivi d'une prise en charge précoce sauve des vies [5]. Au Congo, une étude de dépistage néonatal a été menée sur tout le territoire en 2019-2020, mais il n'existe pas encore de programme national de dépistage néonatal [8,10]. Le dépistage peut être intégré à la vaccination ou au dépistage des femmes enceintes [4,5].

Pénicilline : la prophylaxie par pénicilline V (phénoxyméthylpénicilline) réduit fortement les infections à pneumocoque (84 % de bactériémies en moins dans l'essai fondateur) ; elle doit commencer dès le diagnostic, de préférence avant 2 mois, et son arrêt peut être envisagé vers 5 ans si les vaccins ont été faits [5]. Dans les pays à revenu élevé, la prophylaxie par pénicilline ou amoxicilline pendant les 5 premières années de vie a rendu rares les décès par infection bactérienne [3]. En Afrique, elle n'est pas prescrite partout, et les données africaines sur son intérêt sont discordantes [3,5].

Vaccins : vaccins conjugués contre le pneumocoque, l'Haemophilus influenzae type b et le méningocoque dans les premiers mois, et vaccin polysaccharidique antipneumococcique à 2 ans puis à 5 ans [5]. Le vaccin antipneumococcique conjugué est désormais inclus dans le calendrier vaccinal dès 6 semaines grâce à Gavi [4].

Acide folique : l'acide folique, une alimentation équilibrée et une bonne hydratation font partie des mesures de soutien [5] ; à Brazzaville, le suivi entre les crises comprend vaccins, acide folique, antibioprophylaxie et hydroxyurée [10].

Paludisme : la chimioprophylaxie, l'usage de moustiquaires, le diagnostic et le traitement précoces sont recommandés [5]. La sulfadoxine-pyriméthamine mensuelle a été plus efficace que la chloroquine hebdomadaire ou le proguanil quotidien [5] ; dans un essai en Ouganda et au Malawi, la dihydroartémisinine-pipéraquine hebdomadaire réduisait davantage les accès palustres que la sulfadoxine-pyriméthamine mensuelle, sans différence de mortalité [3]. Le proguanil ne figure pas dans la base Africa Medical Data [5].

Éducation des familles et conseil génétique : connaître son statut (AS, SS…) et la signification du trait drépanocytaire est important pour les décisions futures [4]. L'éducation des parents fait partie des mesures qui réduisent la mortalité [3].

Quand consulter en urgence

Faites dépister votre enfant (et ses frères et sœurs) si un membre de la famille est drépanocytaire ou porteur du trait [4]. Le Centre national de référence de la drépanocytose, à Brazzaville, assure le suivi et la prise en charge des crises [10].

Urgence : fièvre (surtout au-dessus de 38,5 °C), signes d'anémie sévère, augmentation de volume de la rate, fièvre ou signes respiratoires évoquant un syndrome thoracique aigu, signes d'AVC, priapisme. Ces complications nécessitent une hospitalisation immédiate [5,7,10].

Les crises sont favorisées par la déshydratation, le froid, l'effort physique et le stress [5]. Une crise douloureuse simple se traite par hydratation et antalgiques ; une crise prolongée ou compliquée nécessite une hospitalisation [10].

Gardez le carnet de vaccination à jour et suivez régulièrement les consultations prévues [5].

Maladies associées

Sources et mise à jour

  1. Revue à comité de lecture · Colombatti R, Jastaniah W, Makani J, et al. Sickle cell disease. Lancet. 2026;407(10533):1095-1111. 2026. Séminaire du Lancet : résumé.
  2. Revue à comité de lecture · GBD 2021 Sickle Cell Disease Collaborators. Global, regional, and national prevalence and mortality burden of sickle cell disease, 2000-2021: a systematic analysis from the Global Burden of Disease Study 2021. Lancet Haematol. 2023;10(8):e585-e599. 2023. Résumé (estimations mondiales 2021).
  3. Revue à comité de lecture · Ranque B, Tshilolo L, Williams TN, et al. The Epidemiology of Sickle Cell Disease in Sub-Saharan Africa: Current Knowledge and Gaps to be Filled. Am J Hematol. 2026;101 Suppl 1:5-16. 2026. Texte intégral : prévalence, mortalité, morbidité, facteurs de gravité.
  4. Revue à comité de lecture · Smart LR, Segbefia CI, Odame I, et al. Creative and Adaptive Solutions for Early Diagnosis of Sickle Cell Disease in Sub-Saharan Africa. Am J Hematol. 2026;101 Suppl 1:17-32. 2026. Texte intégral : méthodes de diagnostic et tests au point de soins.
  5. Revue à comité de lecture · Egesa WI, Nakalema G, Waibi WM, et al. Sickle Cell Disease in Children and Adolescents: A Review of the Historical, Clinical, and Public Health Perspective of Sub-Saharan Africa and Beyond. Int J Pediatr. 2022;2022:3885979. 2022. Texte intégral : génétique, clinique, prévention et traitements.
  6. Revue à comité de lecture · Tshilolo L, Tomlinson G, Williams TN, et al. Hydroxyurea for Children with Sickle Cell Anemia in Sub-Saharan Africa. N Engl J Med. 2019;380(2):121-131. 2019. Essai REACH : résumé.
  7. Revue à comité de lecture · Ramirez V, Mercier-Ross J. Acute Chest Syndrome in Children with Sickle Cell Disease: A Narrative Review. Children (Basel). 2026;13(5):670. 2026. Résumé.
  8. Revue à comité de lecture · Dokekias AE, Ocko Gokaba LT, Louokdom JS, et al. Neonatal Screening for Sickle Cell Disease in Congo. Anemia. 2022;2022:9970315. 2022. Étude nationale en République du Congo (2019-2020) : résumé.
  9. Revue à comité de lecture · Dokekias AE, Louokdom JS, Gokaba LTO, et al. Routine Screening for Sickle Cell Disease during Pregnancy: Epidemiological and Haemoglobin Profile in Congo. J Neonatal Biol. 2022;11(3). 2022. Étude dans les 12 départements du Congo : résumé.
  10. Revue à comité de lecture · Ngolet LO, Taylor J, de Chabervy Atipo A, et al. Costs of Treating Uncomplicated Sickle Cell Complications in a Day Hospital Setting in Equatorial Africa. Anemia. 2025;2025:5415432. 2025. Texte intégral : Centre national de référence de la drépanocytose, Brazzaville.
  11. Revue à comité de lecture · Mabiala Babela JR, Nzingoula S, Senga P. Sickle-cell crisis in the child and teenager in Brazzaville, Congo. A retrospective study of 587 cases (article en français). Bull Soc Pathol Exot. 2005;98(5):365-370. 2005. Résumé (CHU de Brazzaville, 1995-2002).
  12. Revue à comité de lecture · Mabiala-Babela JR, Nika ER, Ikobo LCO, et al. Homozygous Sickle Cell Children Treated with Hydroxyurea in Brazzaville (Congo) (article en français). Bull Soc Pathol Exot. 2019;112(4):206-212. 2019. Résumé (CHU de Brazzaville, 2015-2017).

Fiche mise à jour le 5 octobre 2026. Prochaine révision au plus tard le 5 octobre 2028.