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Chlamydiose génitale

Infection sexuellement transmissible due à la bactérie Chlamydia trachomatis, très souvent sans symptômes, surtout chez la femme. Non traitée, elle peut compliquer la grossesse et la fertilité ; le diagnostic repose sur des tests de biologie moléculaire et le traitement de première intention recommandé en Europe est la doxycycline.

Autres noms : Infection génitale à Chlamydia trachomatis, Chlamydia. En anglais : Genital chlamydia infection, Chlamydia trachomatis infection. CIM-10 : A56. Système : Maladies infectieuses et parasitaires, Maladies des reins et de l'appareil génito-urinaire.

Définition

La chlamydiose génitale est une infection sexuellement transmissible due à la bactérie Chlamydia trachomatis [1]. Les infections sexuellement transmissibles sont fréquentes dans le monde et, le plus souvent, sans symptômes [1].

Chez la femme, l'infection génitale à chlamydia est souvent asymptomatique, mais elle peut entraîner des complications avant et pendant la grossesse [2].

Causes et mécanisme

L'infection est causée par Chlamydia trachomatis ; les recommandations européennes de 2025 portent sur sa prise en charge, y compris les infections génitales et extragénitales [1].

Les infections par Chlamydia trachomatis sont souvent associées à d'autres infections sexuellement transmissibles : gonocoque, trichomonas, Mycoplasma genitalium, syphilis, herpès génital, verrues génitales [8,9].

Transmission et facteurs de risque

La chlamydiose génitale est une infection sexuellement transmissible [1,8]. Les prélèvements recommandés comprennent des sites génitaux et extragénitaux, ce qui montre que l'infection ne se limite pas toujours à l'appareil génital [1].

Dans un essai français chez des femmes ayant une infection vaginale à C. trachomatis, 78 % (357 sur 456) avaient aussi une infection de l'anus et du rectum (anorectale) [6].

Chez l'homme, C. trachomatis figure parmi les causes les plus fréquentes d'infection de la voie séminale (urètre, prostate, vésicules séminales, testicule, épididyme) ; il est alors recommandé de traiter les deux partenaires si nécessaire [7].

Épidémiologie

Afrique subsaharienne. En 2020, la prévalence estimée de la chlamydiose chez les 15-49 ans était de 6,9 % (IC 95 % : 5,2-8,7) chez les femmes et de 4,2 % (3,0-5,5) chez les hommes ; entre 2010 et 2020, elle a augmenté de 34,5 % (11,1-62,9) [4]. Elle était la plus élevée en Afrique australe et orientale [4].

Femmes des pays à revenu faible ou intermédiaire. Parmi les femmes infectées par C. trachomatis, 60,7 % (IC 95 % : 50,4-70,5) n'avaient pas de symptômes, la proportion étant la plus élevée en Afrique ; la prévalence regroupée des infections asymptomatiques était de 4,70 pour 100 femmes [3].

Infections associées. Dans une base nationale japonaise, la chlamydiose génitale s'associait à la gonococcie chez 33,8 à 38,1 % des hommes et 37,9 à 40,8 % des femmes atteints [8]. Chez des femmes sud-africaines vivant avec le VIH, l'incidence de la chlamydiose était de 7,4 nouveaux cas pour 100 personnes-années et de 14,7 pour 100 personnes-années pour les réinfections [9].

Signes cliniques

Plus de la moitié des femmes infectées par C. trachomatis dans les pays à revenu faible ou intermédiaire n'ont aucun symptôme (60,7 %) [3] ; l'infection peut donc passer inaperçue et rester non traitée [3].

Chez l'homme, l'urétrite, la prostatite, l'orchite et l'épididymite sont classées par l'OMS parmi les infections des glandes annexes masculines, dont C. trachomatis est l'une des causes les plus fréquentes [7].

Diagnostic

Diagnostic clinique

La prise en charge dite « syndromique » (fondée sur les symptômes), courante là où les examens sont limités, ne détecte pas les infections asymptomatiques [3]. Or une grande partie des chlamydioses n'a pas de symptômes [1,3].

Un test est donc indiqué chez les personnes exposées, même sans symptômes, notamment les partenaires d'une personne infectée et les couples consultant pour infertilité [1,7].

Examens biologiques

Le diagnostic repose sur les tests d'amplification des acides nucléiques (TAAN, ou PCR) : les recommandations européennes de 2025 conseillent de n'utiliser que des TAAN validés [1].

Les prélèvements peuvent être génitaux et extragénitaux, y compris auto-prélevés par la personne elle-même [1].

Dans l'essai CHLAZIDOXY, la guérison microbiologique de l'infection anorectale a été jugée par un TAAN négatif sur écouvillon auto-prélevé, 6 semaines après le début du traitement [6].

Diagnostic différentiel

D'autres infections sexuellement transmissibles coexistent souvent avec la chlamydiose et doivent être recherchées en parallèle [8,9].

Infection à rechercherÉléments à connaître
GonococcieAssociée à la chlamydiose génitale chez 33,8 à 40,8 % des personnes atteintes selon le sexe, dans une base japonaise [8].
Trichomonase et infections à Mycoplasma genitaliumChez des femmes sud-africaines vivant avec le VIH, leur incidence était de 8,0 et 7,7 pour 100 personnes-années, contre 7,4 pour la chlamydiose [9].
SyphilisLa syphilis active était fortement associée à la survenue d'une infection sexuellement transmissible dans cette cohorte [9].
Verrues génitalesAssociées à la chlamydiose chez 2,0 à 2,3 % des hommes et 3,1 à 4,1 % des femmes dans la base japonaise [8].
Autres infections de la voie séminaleChez l'homme, Ureaplasma urealyticum et des bactéries à Gram négatif d'origine urogénitale sont aussi des causes d'infection séminale [7].

Évolution, complications et pronostic

Grossesse. Dans une méta-analyse mondiale de 107 études, la chlamydiose était associée en analyse brute à la plupart des issues défavorables de grossesse et de fertilité, notamment la mort fœtale in utero (rapport de cotes 5,05 ; IC 95 % : 2,95-8,65, études cas-témoins) et l'avortement spontané (rapport de cotes 1,30 ; 1,14-1,49) ; le risque était plus élevé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, mais les biais des études limitent la certitude [2].

Appareil génital féminin. Le dépistage généralisé, lorsqu'il atteint peu de personnes, modifie peu le risque de salpingite (infection pelvienne) ou de grossesse extra-utérine ; l'effet sur l'infertilité féminine est très incertain [5]. Voir grossesse extra-utérine et infertilité [5].

Homme. Les infections de la voie séminale peuvent altérer la fertilité ; traiter les infections sexuellement transmissibles améliore les paramètres du sperme, mais rien ne prouve que les antibiotiques augmentent la probabilité de conception naturelle [7].

Réinfection. Chez des femmes sud-africaines suivies pendant 7,5 ans en médiane, 14,7 cas de réinfection pour 100 personnes-années ont été observés [9].

Le diagnostic peut aussi causer de la stigmatisation et de l'anxiété quant à une infertilité future [5].

Traitement

Les recommandations européennes de 2025 conseillent de traiter toutes les infections à C. trachomatis par doxycycline en première intention, de préférence à l'azithromycine en prise unique [1].

Cette préférence s'appuie notamment sur un essai randomisé de 460 femmes ayant une infection vaginale et anorectale : la guérison anorectale était de 94 % (147/156) avec la doxycycline pendant 7 jours contre 85 % (120/142) avec l'azithromycine en prise unique (rapport de cotes ajusté 0,43 ; IC 95 % : 0,21-0,91) [6]. Les effets indésirables possiblement liés au traitement concernaient 12 % des femmes, surtout digestifs [6].

Les partenaires doivent être traités si nécessaire [7]. La posologie figure dans la fiche du médicament et dans le protocole national [1].

Médicaments de la base cités dans cette fiche

Prévention

Le dépistage systématique des personnes sans symptômes a une valeur limitée selon les recommandations européennes de 2025 [1]. Une revue systématique canadienne conclut que le dépistage peut réduire la salpingite si le taux de dépistage est élevé, et la transmission lorsqu'on dépiste intensément des populations féminines à forte prévalence [5].

Rechercher ces infections est conseillé lors du bilan initial des couples consultant pour infertilité, et les deux partenaires doivent être traités si nécessaire [7].

Chez les personnes vivant avec le VIH, un diagnostic précoce et un traitement antirétroviral doivent s'accompagner d'une meilleure prise en charge des infections sexuellement transmissibles, pour la personne et ses partenaires [9]. Voir VIH [9].

Quand consulter en urgence

Consultez pour un test si vous avez eu un partenaire atteint d'une infection sexuellement transmissible, car la chlamydiose est le plus souvent sans symptômes [1,3].

Consultez aussi en cas de difficulté à concevoir : la recherche de ces infections fait partie du bilan du couple [7].

L'absence de symptômes ne permet pas d'exclure une chlamydiose : plus de la moitié des femmes infectées n'en ont pas, et l'infection non traitée peut entraîner des complications de grossesse et de fertilité [2,3].

Maladies associées

Sources et mise à jour

  1. Référence professionnelle · White JA, Dukers-Muijrers NHTM, Hoebe CJPA, Kenyon CR, Ross JDC, Unemo M. 2025 European guideline on the management of Chlamydia trachomatis infections. Int J STD AIDS. 2025;36(6):434-449. 2025.
  2. Revue à comité de lecture · Tang W, Mao J, Li KT, et al. Pregnancy and fertility-related adverse outcomes associated with Chlamydia trachomatis infection: a global systematic review and meta-analysis. Sex Transm Infect. 2020;96(5):322-329. 2019.
  3. Revue à comité de lecture · Fortas C, Delarocque-Astagneau E, Randremanana RV, Crucitti T, Huynh BT. Asymptomatic infections with Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, and Trichomonas vaginalis among women in low- and middle-income countries: A systematic review and meta-analysis. PLOS Glob Public Health. 2024;4(5):e0003226. 2024.
  4. Revue à comité de lecture · Michalow J, Hall L, Rowley J, et al. Prevalence of chlamydia, gonorrhoea, and trichomoniasis among male and female general populations in sub-Saharan Africa from 2000 to 2024: a systematic review and meta-regression analysis. eClinicalMedicine. 2025;83:103210. 2025.
  5. Revue à comité de lecture · Pillay J, Wingert A, MacGregor T, Gates M, Vandermeer B, Hartling L. Screening for chlamydia and/or gonorrhea in primary health care: systematic reviews on effectiveness and patient preferences. Syst Rev. 2021;10(1):118. 2021.
  6. Revue à comité de lecture · Peuchant O, Lhomme E, Martinet P, et al. Doxycycline versus azithromycin for the treatment of anorectal Chlamydia trachomatis infection in women concurrent with vaginal infection (CHLAZIDOXY study): a multicentre, open-label, randomised, controlled, superiority trial. Lancet Infect Dis. 2022;22(8):1221-1230. 2022.
  7. Revue à comité de lecture · Vives Suñé Á, Cosentino M. Infection and inflammation of the seminal tract: A review of its relationship to male fertility. Actas Urol Esp (Engl Ed). 2026;50(3):501899. 2026.
  8. Revue à comité de lecture · Yamaguchi N, Noda T, Nishioka Y, et al. The Proportion of Coinfections Among Sexually Transmitted Infections in Japan: A Nationwide Claims Database Study. Open Forum Infect Dis. 2025;12(7):ofaf393. 2025.
  9. Revue à comité de lecture · Asare K, Osman F, Ngcapu S, et al. Burden of sexually transmitted infections from acute HIV infection among women in South Africa: Evidence from a prospective cohort study. Ann Epidemiol. 2022;74:132-139. 2022.

Fiche mise à jour le 13 octobre 2026. Prochaine révision au plus tard le 13 octobre 2028.