Tétanos
Le tétanos est dû à une toxine produite par la bactérie Clostridium tetani, dont les spores pénètrent dans l'organisme par une plaie ou, chez le nouveau-né, par le cordon ombilical. Il provoque des raideurs et des spasmes musculaires douloureux, avec une mâchoire bloquée (trismus), et peut entraîner une paralysie respiratoire et des troubles du rythme cardiaque. Sans soins intensifs il est presque toujours mortel, et la guérison ne protège pas d'une nouvelle atteinte. La vaccination, y compris celle des femmes enceintes, et les accouchements propres en sont la prévention.
Autres noms : Tétanos néonatal, Tétanos du nouveau-né, Tétanos maternel. En anglais : Tetanus, Lockjaw, Neonatal tetanus. CIM-10 : A33–A35. Système : Maladies infectieuses et parasitaires, Maladies du système nerveux.
Définition
Le tétanos est une maladie infectieuse aiguë due aux spores de la bactérie Clostridium tetani [1]. Ce sont les effets d'une neurotoxine très puissante produite par cette bactérie, la tétanospasmine, qui provoquent la maladie : elle bloque dans le système nerveux central les messagers chimiques inhibiteurs et déclenche la rigidité et les spasmes musculaires [2,4].
On distingue quatre formes : généralisée (plus de 80 % des cas), localisée, céphalique et néonatale [2,3]. Le tétanos néonatal survient dans les 28 premiers jours de vie ; le tétanos maternel survient pendant la grossesse ou dans les 6 semaines qui suivent la fin de la grossesse [1].
C'est une maladie évitable par la vaccination : elle est devenue rare dans les pays à revenu élevé mais reste fréquente dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire [4].
Causes et mécanisme
Clostridium tetani est une bactérie à Gram positif, sporulée et strictement anaérobie [2]. Ses spores sont présentes dans l'environnement partout dans le monde, en particulier dans la terre des régions chaudes et humides ; elles peuvent aussi se trouver dans l'intestin et les selles de l'être humain et des animaux, et la terre amendée avec du fumier peut en contenir de grandes quantités [2].
La tétanospasmine est l'une des toxines les plus puissantes connues : la dose létale minimale pour l'être humain est estimée à 2,5 ng/kg [2].
Facteurs de risque [2] :
- plaies cutanées ou lésions des tissus souillées : plaies par piqûre, brûlures, chirurgie, extractions dentaires [2] ;
- dans les pays à faible revenu, adolescents et hommes adultes n'ayant pas reçu de rappels après la série initiale de l'enfance (par exemple après une circoncision masculine médicale) [2] ;
- pour le nouveau-né : naître d'une mère non immunisée, donc sans protection transmise par la mère [5].
La très faible quantité de toxine qui suffit à provoquer la maladie ne suffit pas à stimuler la production d'anticorps : guérir du tétanos ne protège pas d'un nouvel épisode et le malade doit être vacciné [2].
Transmission et facteurs de risque
Le tétanos s'acquiert lorsqu'une coupure ou une plaie est infectée par les spores de C. tetani. Il ne se transmet pas d'une personne à l'autre [1].
Chez l'adulte et l'enfant, la porte d'entrée est une plaie cutanée, une brûlure, une plaie opératoire ou une extraction dentaire ; le malade ne se souvient parfois d'aucune plaie [2].
Tétanos néonatal : il survient lorsque des instruments non stériles servent à couper le cordon ombilical ou lorsqu'un matériel contaminé recouvre le moignon du cordon ; un accouchement réalisé avec des mains sales ou sur une surface contaminée est aussi un facteur de risque [1]. Le moignon ombilical non cicatrisé est la porte d'entrée habituelle, surtout lorsqu'il est coupé avec un instrument non stérile [5].
Épidémiologie
Monde. En 2023, 21 830 cas de tétanos ont été notifiés à l'OMS [3]. Plus de 90 % des décès surviennent en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique subsaharienne [3]. Les décès par tétanos ont diminué de près de 90 % entre 1990 et 2019, avec aujourd'hui environ 30 000 à 50 000 décès par an [3]. Il n'existe pas d'estimation mondiale des décès au-delà de l'âge de 5 ans, y compris pour le tétanos maternel [2].
Tétanos néonatal. En 2021, un peu plus de 7 700 nouveau-nés sont morts du tétanos néonatal, soit 84 % de moins qu'en 2000 (environ 46 898 décès) [1]. L'OMS estimait à environ 34 000 les décès de nouveau-nés en 2015, soit 96 % de moins qu'en 1988 [2]. L'objectif d'élimination (moins d'un cas pour 1 000 naissances vivantes dans chaque district) a été lancé en 1989 ; l'initiative d'élimination du tétanos maternel et néonatal (UNICEF, OMS, UNFPA) date de 1999 ; en juillet 2026, 8 pays n'avaient pas encore atteint cette élimination [1]. En 2025, 85 % des nourrissons du monde avaient reçu 3 doses d'un vaccin contenant la valence diphtérie-tétanos-coqueluche [1].
Enfants plus grands et adultes. Dans les pays à faible revenu, le tétanos touche surtout adolescents et hommes adultes n'ayant pas reçu de rappels [2]. Dans les pays à revenu élevé il est rare : par exemple, 29 cas par an en moyenne aux États-Unis de 2009 à 2018, avec 19 décès en dix ans, tous chez des adultes de 55 ans et plus [5] ; entre 32 et 92 cas par an dans l'Union européenne et l'Espace économique européen [3].
Signes cliniques
Incubation. Elle varie de 3 à 21 jours après l'infection, la plupart des cas survenant dans les 14 jours [1] ; l'intervalle médian est de 7 jours mais peut atteindre 178 jours, et une incubation courte est associée à une mortalité plus élevée [2].
Forme généralisée (la plus fréquente) [2,5] :
- début par un spasme des muscles de la mâchoire : trismus (impossibilité d'ouvrir la bouche) [2] ;
- spasme des muscles du visage donnant le rire sardonique (risus sardonicus) [2] ;
- raideur de la nuque, difficulté à avaler, rigidité des muscles de l'abdomen, atteinte descendante [5] ;
- contraction soutenue des muscles du dos, qui arque le corps en arrière (opisthotonos) [2] ;
- spasmes soudains et douloureux, souvent déclenchés par un bruit soudain ou un contact [1,2] ;
- fièvre, sueurs, variations de la tension artérielle et accélération du cœur [1].
Les spasmes persistent pendant 3 à 4 semaines et la guérison complète peut demander plusieurs mois [5].
- localisée (rare) : contraction persistante des muscles proches de la plaie, en général plus bénigne ; elle peut précéder une forme généralisée [5] ;
- céphalique : liée à une otite moyenne ou à une plaie de la tête, avec atteinte des nerfs crâniens, surtout au visage ; incubation courte de 1 à 2 jours [2,5] ;
- néonatale : un nouveau-né qui tétait et pleurait normalement cesse de téter (ou de pouvoir téter), pleure de façon excessive, puis devient rigide et présente des spasmes ; les signes apparaissent entre 3 et 14 jours de vie (7 jours en moyenne) dans 90 % des cas [1,2].
Signes de gravité
La gravité se classe en grades (score d'Ablett modifié) ; les grades III et IV, les plus sévères, justifient une ventilation mécanique [3].
Complications [3] :
- dysfonctionnement du système nerveux autonome : alternance de tachycardie et d'hypertension avec bradycardie et hypotension profonde, sueurs profuses, rétention d'urine [3] ;
- spasme du larynx pouvant provoquer une obstruction des voies aériennes et un arrêt respiratoire [3] ;
- embolie pulmonaire liée à l'immobilité prolongée, infections nosocomiales (urinaires, cutanées, septicémie) [3].
Un spasme de la glotte ou des muscles de la respiration peut entraîner une mort subite : le tétanos généralisé est une urgence vitale qui impose un hôpital capable de protéger les voies aériennes [2,5].
Létalité. Pour le tétanos généralisé, elle varie de 10 à 70 % selon le traitement, l'âge et l'état général ; sans soins intensifs elle approche 100 % chez les plus jeunes et les plus âgés, et elle peut être ramenée à 10-20 % avec des soins intensifs, y compris chez le nouveau-né ; elle est inférieure à 1 % pour la forme localisée et de 15 à 30 % pour la forme céphalique [2]. Chez l'adulte, les séries publiées rapportent de 5 à 50 % de décès [3]. Sans ventilation mécanique disponible, la mortalité reste élevée [4]. Aux États-Unis, environ 11 % des cas notifiés sont mortels, surtout après 60 ans et chez les personnes non vaccinées [5].
Diagnostic
Diagnostic clinique
Le diagnostic du tétanos est clinique : il ne dépend pas d'une confirmation au laboratoire [2,5]. Il faut y penser même en l'absence de plaie retrouvée, car la maladie est souvent méconnue et reconnue tardivement lorsqu'elle est rare [2,7].
Définitions de cas de l'OMS [1] :
- Tétanos néonatal confirmé : maladie d'un nourrisson qui tète et pleure normalement pendant les 2 premiers jours de vie, perd cette capacité entre le 3e et le 28e jour de vie et devient rigide ou présente des spasmes [1].
- Tétanos non néonatal : au moins un des signes suivants : spasme soutenu des muscles du visage donnant l'aspect d'un rictus, ou contractions musculaires douloureuses [1].
Le test à l'abaisse-langue (toucher le fond de la gorge pour déclencher un spasme réflexe de la mâchoire) a été décrit comme très spécifique [2], mais il n'est plus recommandé à cause du risque de provoquer un spasme du larynx et une obstruction des voies aériennes [3].
Examens biologiques
Aucun examen ne permet de confirmer ou d'écarter le tétanos : C. tetani n'est retrouvée dans la plaie que dans 30 % des cas et peut être isolée chez des personnes qui n'ont pas le tétanos [5].
Lorsque le laboratoire est disponible, on peut rechercher le gène de la neurotoxine par PCR en temps réel ou cultiver la bactérie en anaérobiose à partir de tissu débridé ou de pus ; l'électromyogramme montre une activité spontanée et asynchrone des unités motrices avec une période de silence raccourcie ou absente [3].
Les examens servent surtout à éliminer d'autres diagnostics : calcémie (hypocalcémie), créatine kinase (syndrome malin des neuroleptiques), dosage de la strychnine dans le sang, les urines ou le liquide gastrique, frottis sanguin ou test pour le paludisme [3].
Diagnostic différentiel
Plusieurs affections donnent un trismus, une rigidité ou des spasmes ; l'histoire de la maladie et quelques signes permettent de les distinguer [3] :
| Affection à évoquer | Éléments qui orientent |
|---|---|
| Infection dentaire | Trismus, difficulté à avaler, fièvre, mais tonus musculaire normal et absence de spasmes [3]. |
| Intoxication à la strychnine | Tableau pratiquement identique au tétanos généralisé ; exposition (souvent un raticide), début en moins de 30 minutes après ingestion, inhalation ou injection, dosage positif dans le sang, les urines ou le liquide gastrique [3]. |
| Dystonie médicamenteuse | Exposition récente à un médicament antidopaminergique ou sérotoninergique ; mouvements involontaires (déviation des yeux) absents du tétanos ; absence de contraction musculaire entre les spasmes ; régression avec un anticholinergique [3]. |
| Syndrome malin des neuroleptiques | Exposition à un antipsychotique, début progressif, troubles de la conscience, fièvre très élevée, créatine kinase très élevée [3]. |
| Hypocalcémie (tétanie) | Fourmillements, laryngospasme, troubles du rythme cardiaque, troubles de la conscience ou convulsions ; pas de trismus ; calcémie basse [3]. |
| Syndrome de la personne raide (ou encéphalomyélite avec rigidité) | Spasmes du tronc et des membres déclenchés par le mouvement volontaire ou les stimuli, évolution sur des semaines, signes du tronc cérébral, pas de trismus ni de spasme du visage, réponse rapide au diazépam, anticorps anti-GAD ou antiglycine positifs [3]. |
| Paludisme grave (Paludisme) | Fièvre, opisthotonos (surtout chez l'enfant et l'adolescent), voyage en zone d'endémie, troubles de la conscience et convulsions fréquents, mais ni trismus ni rire sardonique ; parasites sur le frottis sanguin [3]. |
| Rage | Morsure ou griffure d'animal, spasmes provoqués surtout au niveau du pharynx, incubation plus longue (2 à 3 mois en général), hydrophobie et aérophobie, évolution rapide vers une encéphalopathie [3]. |
Évolution, complications et pronostic
Le rétablissement est lent : il faut en général 4 à 6 semaines pour que la transmission nerveuse inhibitrice se rétablisse dans le tétanos généralisé, mais la plupart des malades s'améliorent nettement avec le temps et un traitement de soutien [3]. Les patients restent plusieurs semaines à l'hôpital et sont exposés à des infections acquises à l'hôpital [4].
Chez des adultes survivants de réanimation, 61 % n'avaient plus aucun handicap durable après près de 4 ans de suivi médian dans une cohorte française de personnes âgées ; dans une série japonaise, 175 survivants sur 499 (35 %) ont quitté l'hôpital vers un lieu autre que leur domicile [3].
Nouveau-né. Dans une cohorte de 74 nouveau-nés traités en réanimation pédiatrique en Arabie saoudite (2014-2023), la mortalité hospitalière était de 4,1 % (3 décès, tous au grade III d'Ablett à l'admission), mais la durée médiane de ventilation était de 25 jours, celle du séjour en réanimation de 32 jours et celle de l'hospitalisation de 40 jours ; 10 des 71 survivants suivis (14,1 %) présentaient une inquiétude sur leur développement à 3-6 mois [10].
Le tétanos ne laisse pas d'immunité : toute personne guérie doit recevoir un schéma complet de vaccination [1,3].
Traitement
Le tétanos généralisé est une urgence qui se traite à l'hôpital, si possible en soins intensifs. Le traitement vise à neutraliser la toxine encore libre, à contrôler les spasmes et l'instabilité cardiovasculaire, à soigner la plaie, et à assurer les soins de soutien (voies aériennes, nutrition, prévention des complications) [4,2].
Neutraliser la toxine. Les dégâts causés par la tétanospasmine déjà entrée dans le système nerveux sont irréversibles : il faut donc neutraliser rapidement la toxine circulante [7]. L'OMS recommande une injection intramusculaire unique d'immunoglobuline antitétanique humaine dès que possible, qui élimine la toxine non encore fixée ; une immunoglobuline intraveineuse polyvalente peut être utilisée si elle n'est pas disponible, et un sérum d'origine équine ne doit être utilisé qu'en dose unique après test d'hypersensibilité, à cause du risque de réaction allergique grave [2]. Un essai randomisé chez 272 adultes à Hô Chi Minh-Ville n'a montré ni avantage de l'antitoxine humaine sur l'antitoxine équine par voie intramusculaire (ventilation nécessaire chez 45 % contre 44 %), ni bénéfice global de l'ajout d'une antitoxine par voie intrathécale (43 % contre 50 %) [9].
Soins de la plaie. Toutes les plaies doivent être nettoyées et débridées rapidement et de façon appropriée [2,5].
Antibiotiques. L'OMS préfère le métronidazole ou la pénicilline G pour limiter la progression de la maladie [2] ; ils sont donnés pendant 7 à 10 jours [3]. Aucun essai n'a démontré le bénéfice de l'antibiothérapie dans le tétanos, et un essai randomisé indien n'a pas montré de différence entre métronidazole et pénicilline [7].
Contrôler les spasmes. Les benzodiazépines, en particulier le diazépam et le midazolam, sont la pierre angulaire du traitement : la dose est ajustée pour contrôler les spasmes sans sédation excessive ni hypoventilation [2,3]. Le diazépam, peu coûteux, est disponible dans de nombreux pays à ressources limitées ; une revue Cochrane citée par Rodrigo et coll. a trouvé une meilleure survie des enfants traités par diazépam que par l'association phénobarbital-chlorpromazine, sur seulement deux essais [7]. Maintenir le malade dans un environnement calme et sombre réduit le risque de spasmes réflexes [2].
Sulfate de magnésium. Dans un essai randomisé en double aveugle chez des adultes atteints de tétanos sévère, la perfusion de sulfate de magnésium n'a pas réduit le besoin de ventilation mécanique, mais a diminué les besoins en midazolam, en curare et en vérapamil pour contrôler les spasmes et l'instabilité cardiovasculaire [8]. Seul, il ne suffisait que dans les formes légères (grades I et II d'Ablett) d'une série indienne [7].
Voies aériennes et ventilation. Environ la moitié des adultes atteints de tétanos généralisé ont besoin d'une ventilation mécanique, recommandée pour tous les grades III et IV ; une trachéotomie d'emblée est préférée [3]. Chez le nouveau-né, l'alimentation se fait par sonde gastrique [2].
Vaccination du malade. Elle doit débuter dès que l'état est stabilisé, car la maladie ne confère pas d'immunité [5,1].
Médicaments de la base cités dans cette fiche
- Anatoxine tétanique (vaccin antitétanique) (Vaccin de prévention du tétanos, y compris chez la femme enceinte et après une plaie)
- Vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite (DTCP) (Vaccin combiné contenant l'anatoxine tétanique)
- Métronidazole (Antibiotique préféré par l'OMS, avec la pénicilline G, dans le traitement du tétanos)
- Diazépam (Benzodiazépine pour contrôler les spasmes musculaires)
- Midazolam (Benzodiazépine à usage hospitalier pour contrôler les spasmes en soins intensifs)
- Sulfate de magnésium (Traitement d'appoint des spasmes et de l'instabilité cardiovasculaire dans le tétanos sévère)
Prévention
La vaccination est la prévention du tétanos : l'OMS recommande 6 doses de vaccin contenant l'anatoxine tétanique (3 doses de primovaccination et 3 rappels) [1,2].
- Primovaccination : 3 doses, la première dès l'âge de 6 semaines, avec au moins 4 semaines entre les doses [1].
- Rappels : de préférence entre 12 et 23 mois, entre 4 et 7 ans et entre 9 et 15 ans, avec au moins 4 ans entre deux rappels [1].
- La protection contre le tétanos est incluse dans des vaccins combinés qui contiennent aussi les valences diphtérie, coqueluche et poliomyélite, comme le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite ; la couverture mondiale est mesurée par 3 doses d'un vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche [1]. L'anatoxine tétanique est le constituant antitétanique de ces vaccins [2].
Protéger la mère et le nouveau-né. Le tétanos néonatal se prévient en vaccinant les femmes en âge de procréer, pendant ou en dehors de la grossesse [1]. Une femme non vaccinée reçoit au moins 2 doses (de préférence de vaccin Td) espacées d'au moins 4 semaines, la seconde au moins 2 semaines avant l'accouchement ; une troisième dose au moins 6 mois plus tard, puis une quatrième et une cinquième à au moins un an d'intervalle ou lors des grossesses suivantes assurent une protection de longue durée [2]. L'efficacité d'au moins 2 doses bien espacées contre la mortalité par tétanos néonatal est de 94 % (intervalle de confiance à 95 % : 80-98 %) ; une seule dose ne protège pas [2].
Accouchement et soins du cordon. Éviter les instruments non stériles, les mains sales et les surfaces contaminées lors de l'accouchement et protéger le moignon du cordon d'un matériel contaminé [1].
Sécurité et durée de la protection. Ces vaccins sont très sûrs ; les réactions locales (douleur, rougeur) sont fréquentes après un rappel (50 à 80 %), les réactions générales bénignes (fièvre, malaise) touchent 0,5 à 10 % des vaccinés et l'anaphylaxie est rare (1,6 pour un million de doses de Td) [2]. Dix ans après un Td ou un Tdap, plus de 97 % des adolescents et des adultes gardent un taux d'anticorps protecteur [2]. Ils sont contre-indiqués en cas de réaction allergique grave (anaphylaxie) à un composant du vaccin ou à une dose précédente [2].
Après une blessure. Toute plaie doit être nettoyée et les corps étrangers et tissus nécrosés enlevés [6]. Pour une plaie sale chez une personne dont la vaccination est incomplète ou inconnue, l'OMS recommande une immunoglobuline antitétanique, de préférence d'origine humaine, ainsi qu'une dose de rappel adaptée à l'âge [2]. Les États-Unis recommandent l'association anatoxine et immunoglobuline pour toute plaie qui n'est pas propre et mineure chez une personne ayant reçu moins de 3 doses ou dont l'historique est inconnu ; les personnes vivant avec le VIH ou gravement immunodéprimées ayant une plaie souillée en reçoivent aussi, quel que soit leur historique vaccinal [5,6]. Une antibiothérapie préventive n'est ni pratique ni utile pour prévenir le tétanos après une plaie [5].
Une personne qui a eu le tétanos n'est pas protégée contre une récidive : elle doit être vaccinée après sa guérison [1,3].
Quand consulter en urgence
Consultez immédiatement en cas de raideur de la mâchoire avec difficulté à ouvrir la bouche, de raideur du cou ou du dos, de spasmes douloureux déclenchés par un bruit ou un contact, ou de difficulté à avaler, surtout après une blessure, une brûlure ou une extraction dentaire [1,2].
Chez le nouveau-né, consultez sans attendre s'il arrête de téter ou de prendre le sein, pleure de façon excessive, devient raide ou a des spasmes entre le 3e et le 28e jour de vie [1].
Urgence : toute difficulté à respirer, tout spasme intense ou toute raideur généralisée impose un transfert immédiat vers un hôpital capable de soins intensifs [2,5].
Après une plaie sale, une blessure par piqûre, une brûlure ou une morsure, faites nettoyer la plaie par un soignant et faites vérifier votre vaccination : selon votre statut, un rappel et une immunoglobuline antitétanique peuvent être nécessaires [2,6].
Une femme enceinte ou en âge de procréer dont la vaccination est incomplète ou inconnue doit consulter pour être vaccinée afin de protéger son futur enfant [1,2].
Maladies associées
Sources et mise à jour
- OMS · Organisation mondiale de la Santé. Tetanus (aide-mémoire). 2026. Version du 15 juillet 2026.
- OMS · Organisation mondiale de la Santé. Tetanus vaccines: WHO position paper – February 2017. Wkly Epidemiol Rec. 2017;92(6):53-76. 2017.
- Revue à comité de lecture · Sudarshan R, Sayo AR, Renner DR, et al. Tetanus: recognition and management. Lancet Infect Dis. 2025;25(11):e645. 2025.
- Revue à comité de lecture · Yen LM, Thwaites CL. Tetanus. Lancet. 2019;393(10181):1657-1668. 2019.
- Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention. Epidemiology and Prevention of Vaccine-Preventable Diseases (Pink Book), chapitre 21 : Tetanus. 2024. Chapitre publié en juillet 2024, page consultée en octobre 2026.
- Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention. Clinical Guidance for Wound Management to Prevent Tetanus. 2026. Version du 8 septembre 2026.
- Revue à comité de lecture · Rodrigo C, Fernando D, Rajapakse S. Pharmacological management of tetanus: an evidence-based review. Crit Care. 2014;18(2):217. 2014.
- Revue à comité de lecture · Thwaites CL, Yen LM, Loan HT, et al. Magnesium sulphate for treatment of severe tetanus: a randomised controlled trial. Lancet. 2006;368(9545):1436-1443. 2006.
- Revue à comité de lecture · Van Hao N, Loan HT, Yen LM, et al. Human versus equine intramuscular antitoxin, with or without human intrathecal antitoxin, for the treatment of adults with tetanus: a 2 × 2 factorial randomised controlled trial. Lancet Glob Health. 2022;10(6):e862-e872. 2022.
- Revue à comité de lecture · Al-Harbi S, Alnajjar AA, Al Maghrabi F, et al. Neonatal tetanus in undocumented migrant families in Saudi Arabia: outcomes and critical care resource utilization in a 10-year tertiary PICU cohort. Front Pediatr. 2026;14:1807654. 2026.
Fiche mise à jour le 6 octobre 2026. Prochaine révision au plus tard le 6 octobre 2028.